Chers tous, ce voyage s'achève. Enfin mon voyage. Vous, je n'ai aucune idée de comment vous occupez vos journées; sûrement à traîner sur Facebook ou à conduire des bus... Bref, ce périple asiatique s'achève par 5 jours à Tokyo.
Là vous vous dîtes "ok, Tokyo il nous l'a déjà fait, les aliments au goût de pied, blablabla, Shinjuku by night etc, c'est bon on zappe !" Eh bien vous avez tort. Et tout le monde sait que le tort tue !
Car j'ai voulu profiter de ce temps libre et seul pour me balader dans les alentours de la capitale nippone (ni mauvaise) et le résultat est plutôt encourageant (je ne trouvais pas d'autre adjectif allant bien avec résultat..). Revenons donc ensemble sur un best-of des évènements de ces derniers jours.
Jeudi 27 Mai 2010, 13.45 heure locale. J'atterris à l'aéroport de Narita (ta yoyo) pour la deuxième fois en moins de 3 semaines. Après la lecture de l'excellent Je ne verrai pas Okinawa de cette timide et sexuellement coincée Aurélia Aurita (dont vous l'avez compris je vous recommande la lecture sur le champs), j'ai un peu peur que les gentils japonais ne me laissent pas re-rentrer sur leur territoire supérieurement incroyable et me refoulent sous prétexte que je porte des baskets.
Heureusement la force est avec moi et je fais comprendre au douanier que les baskets, c'est cool.
Le temps de prendre le bus orange (le chauffeur est le sosie de Rémi G., version orientale, i.e. avec des chaussettes et des tongs) et hop! je me retrouve dans ma chambre d'hotel en moins de 2 (heures). Autant vous dire que là bon, je suis crevé. Je rappelle à mes lecteurs dont la mémoire concurrence sévèrement celle de mon poisson rouge Grishka (Igor est mort...) que je m'étais levé le jour même à 5.45 am avec dans l'idée de rejoindre la France (Galles) et que finalement je me suis retrouvé dans un Boeing 777 de Korean Air (en classe Business) à destination de Los Angeles, avec escale à Tokyo, où vous l'avez compris, je suis descendu. Cela dit ça aurait été drôle que je me sois endormi et que je me retrouve à Hollywood. Bon, la prochaine fois.
Donc, je me repose un peu dans l'établissement susnommé à base de sauna, piscine. Tranquillou. Le soir, je sors faire un tour pour manger un morceau dans Kabuki-chô et comme dirait Sheldon Cooper, je fais une petite digestive walk pour rentrer et me couche avec les poules.
Vendredi 28 Mai 2010. 4h35 am. Il fait jour depuis 15 minutes. Il fait beau. Les oiseaux chantent. Enfin j'imagine car avec le double vitrage j'entends rien. Mais surtout on voit le mont Fuji depuis ma chambre, ce qui est plutôt assez rare. Je prends une photo et je me recouche car faut pas hakonner. Ouh putain, là vous avez direct compris ce qui va se passer après et en plus vous constatez que je n'ai en rien perdu l'humour qui me caractérise. Je me lève donc à une heure raisonnable pour envisager une activité avec un pourcentage de glande faible, c'est à dire 9.10 am. Après un petit déjeuner frugal, je pars direction Hakone, petite région dans les montagnes à 1h40 de Tokyo, réputée pour ses onsens, son lac, et sûrement d'autres choses comme la mauvaise odeur de souffre qui fait penser à de l'oeuf pourri.
Après moult trains et bus, je me retrouve au pied du lac Ashi (et non pas couché). Mon ventre gargouille. Le bateau qui traverse le lac part dans 11 minutes, je regarde autour si je trouve pas une petite vieille qui vendrait un truc à becter. C'est toujours des petites vieilles qui ont la bouffe dans ce pays. Bref, j'aperçois un mec de type occidental. Il bouffe un truc qui s'apparente à un sandwich. Cela semble comestible. Je tente une approche
"-Aïe. Coude you tèle mi ouère you faounde youre cent douichiz ?
- A la supérette juste à côté.
- Bleuuuuuuuuuuu blannnnnnnnnnc rouge, c'est moi françois le français"
Le mec trace sa route. Je file à l'intérieur du commerce susnommé et achète au pif deux boulettes à base de riz. Dans la première des bouts d'omelettes, d'oignons et de jambon (en gros un riz cantonais quoi) dans la deuxième une prune confite au sel. Bon, 1/2. Ca aurait pu être pire, j'aurais pu avoir de la tête d'oursin séché au sperme d'huïtre, mais c'est mon jour de chance, continuons donc cette charmante journée. Je monte sur la bateau, c'est un trois mats hyper m'as-tu-vu et kitsch à souhait. Genre Attention, touristes! Mais bon la balade est agréable. Le lac est gavé coolos et je prends des photos pas dégueues.
Dimanche 30 Mai. Après une journée de la veille assez calme (sieste-musée-shopping: une vraie gonzesse) je suis forcé de reconnaître que je suis en pleine forme, prêt à sauver une fois de plus le monde. Je jette un oeil à mon guide de voyage et trouve une idée d'excursion qui me semble être parfaitement adapté au dimanche que nous sommes. Je pars une fois de plus à Shinjuku, en direction de Kawagoe, à une heure de Tokyo au Nord. A la gare je m'achète un peu de boustifaille locale car j'ai l'estomac dans les talons aiguille. C'est à base de riz et c'est assez bourratif. Je mange ça dans le train et je m'en fous partout.
J'ai des petits grain de la céréale susnommée collés à ma barbe et les gens me regardent un peu comme si j'étais un goret. Je suis hyper à l'aise, mais j'arrive à bon port. Et cela même si Kawagoe n'est pas sur la mer.
D'ailleurs, parlons en de Kawagoe. Cette charmante petite ville est surnommée Little Edo. Donc là ce qui va se passer c'est que je vais devoir un peu tout expliquer, ce qui finalement ne vous sera pas inutile pour vos soirées Julien Lepers.
Edo est l'ancien nom de Tokyo avant que celle-ci ne devienne la nouvelle capitale nippone, suite à la révolution japonaise de 1868 qui place le pays dans ce que les gens avec un peu de culture appellent l'ère Meiji. Bref, ça devient chiant. Mais quand même, la fin du XIXe siècle et le début du XXe sont une période ultra prospère pour Edo et également pour Kawagoe qui se développent pas mal et font même du commerce ensemble. Seulement, un tremblement de terre détruit Tokyo en 1923 mais épargne Kawagoe ce qui permet aujourd'hui encore de retrouver des traces de cette époque complètement intactes et donne le surnom à la ville que je m'apprête à visiter.
Un bus fait le tour de cette petite ville en s'arrêtant sur tous les sites intéressants de la ville. Je commence avec le temple aux 500 statues. Et devinez ce qu'on trouve autour de ce temple, remarquablement joli - qui me fait penser au palais du shogun de Kyoto d'ailleurs - des statues ! Et combien ? 500 ? Hé bien non ! 534 ! Ca vous la coupe hein ?!
534 de statues donc, représentants des moines dans diverses positions (rien à voir avec le kama sutra...). La petite histoire dit que le visiteur perdu, arrivant de nuit, posera sa main de manière random sur la statue qui lui ressemble le plus.
Me concernant, je n'ai pas vu une seule statue ayant un peu la classe. Mais bon, l'endroit est joli et plutôt marrant.
L'ambiance autour de moi est typiquement dominicale; famille et touristes entourés de marmailles se baladent et bouffent à foison mais cette animation ne me déplait pas et me permet de passer une excellente journée un peu plus calme (je me transforme en véritable petit vieux d'extrême droite) en dehors de la capitale.
Enfin, je ne m'étendrai pas sur la journée du lundi où après avoir fait 2h de train, 35 minutes de bus, j'arrive dans une station de onsens en bord de mer sur la péninsule d'Izu, où on m'explique gentiment que le lundi tout est fermé, y compris les sources chaudes qui m'ont amené jusqu'ici...
Autant vous dire que j'étais ravi, heureusement qu'un couple de vieux m'a offert un peu de saké. Il a juste suffi que je mentionne que je venais de la plus belle ville du monde pour qu'on parle de vin et que les individus âgés me fassent goûter la production locale....



