dimanche 4 mars 2012

Mistaken for Magic

Nous sommes un dimanche classique de fin février. Je déguste quelques huîtres sur la glace, face à la dune du Pyla et les rayons du soleil caressent mon doux visage. Banal. Soudain, un coup de téléphone vient troubler la quiétude et la monotonie de cette fin d'hiver:

"-Ouais, allo c'est Gabs, dit mon interlocuteur, hyper enthousiaste, presque excité.
-Oui je sais ça s'affiche quand tu m'appelles. Que me vaut ce plaisir ? (le suspense est à son comble.)
-Je ne travaille pas les trois jours qui arrivent.
-Alors c'est vraiment hyper intéressant et j'ai très envie de le noter, mais j'ai terminé mon petit carnet et comme on est dimanche j'ai pas pu encore en acheter un nouveau, tu pourras me rappeler pour me le dire ?
-Pauvre type! Je te dis ça pour t'informer que je vais pouvoir me coucher après 20h30 et regarder ça cartoon ce soir jusqu'à la fin.
-Putain mais c'est carrément de la folie furieuse, j'espère que tu l'as relayé sur twitter, facebook et sur copains d'avant! Bon et tu voudrais pas en profiter pour aller lécher un peu de givre au ski plutôt ?
-Ah mais c'est une super idée, j'y avais même pas pensé. Merci de rendre mon quotidien si magique.
-C'est un métier, Gabs. Bon, je m'occupe des formalités. Il me faudra une autorisation de sortie de territoire signée par tes parents s'il te plait."

Ni une ni deux, je plie les gaules (de toute façon, un nuage avait eu le mauvais goût de se pointer et de me voler MON soleil) et je file me connecter sur mes sites préférés (après YouPorn, évidemment). Je trouve un hébergement parfait pour emmener Gabs: "cadre romantique et chaleureux au pied des pistes du plus grand domaine skiable des Pyrénées, avec peau de bête dans la chambre, massage et spa". Je sais par expérience (les lecteurs assidus ont encore en tête l'épisode de la saison précédente à Cauterets de la montagne) que mon acolyte aime les soins corporels en tous genres et j'opte par conséquent pour ce choix dont je me félicite.

Je rappelle mon compagnon et lui donne rendez-vous le lendemain, à 6h au rond point de la boulangerie talençaise de la biche, où je le retrouve après une nuit trop courte. Le GPS indique 3h58 de route, 4h en gros hein, pour rejoindre Soldeu, Andorre, et je décide de prendre le volant en premier, afin de roupiller en deuxième partie de trajet pour être frais sur les pistes. Gabs n'y voit que du feu et accepte.

Le jeune éphèbe me fait la conversation. Majoritairement à base de calembours et autres jeux de mots douteux, mais relativement drôles. "Alors j'aimerais savoir s'il y a des soldes, et où ?". Nous rencontrons des bouchons sur le périphérique toulousain, qui nous retardent une bonne heure. A chaque jeune fille dans une clio, nous klaxonnons. Sans succès. J'aurais du me raser la barbe, je le savais.

Néanmoins, et bouche en plus, nous continuons notre route de plus belle et changeons de conducteur vers Foix de morue. Assez rapidement je m'endors. Je me réveille peu avant le passage de la douane. Rémi transpire. Il a les mains moites. Je le rassure en lui expliquant qu'il n'est pas illégal de ne prendre qu'une douche tous les trois jours et que les douaniers ne s'en rendront même pas compte. Il se calme et nous passons sans embûche de Noël Gallagher.

Nous arrivons à Soldeu, le soleil est là et l'excitation est à son comble. Les chambres ne sont évidemment pas prêtes. Ces feignasses de femmes de ménages préfèrent sûrement fumer au soleil. Bref, nous nous changeons dans des toilettes. Un homme entre, nous voit en caleçons nous tartiner mutuellement de la crème. Il est gêné et ressort aussitôt. Nous sommes fins prêts. Un checking horaire nous suggère de prendre une collation rapide avant d'aller skier pour profiter au maximum des activités de sports d'hiver pour lesquelles nous sommes venus jusqu'ici.

Un sandwich en terrasse, d'une valeur d'un mois de loyer, plus tard, nous chaussons, qui nos skis, qui notre snowboard et prenons le télésiège débrayable 6 places en bas de l'hotel et c'est parti pour une journée de folie.

La neige n'est pas d'une qualité fantastique mais il en faut plus pour effacer les sourires sur nos visages angéliques. Pendant que je descends rapidement quelques pistes rouges pour me chauffer, Gabs fait du chasse neige sur le parc baby pour reprendre son niveau. Une fois que nos muscles répondent présents, plus rien ne peut nous arrêter jusqu'à la fermeture de la station.

Alerte i-Gabs: lorsqu'une station est en fait composée de cinq secteurs, relativement loin les uns des autres, penser à se rapprocher du secteur dont on dépend assez tôt pour éviter de faire 25 km à pied de nuit en chaussures de ski.

Heureusement, cette alerte arrive sur mon téléphone à temps et nous évitons de justesse la catastrophe. Un petit Spa nous ferait alors le plus grand bien. La blonde de la réception ne parle pas un mot de français et je décide de ne faire aucun effort dans la mesure où elle vient de m'indiquer que non seulement le spa est en supplément prohibitif, mais qu'il faut réserver et disposer de ses propres tongs. Ce séjour sera donc (à) sec, Gabs fait la grimace.

Nous montons dans la chambre et nous relaxons chacun sur nos lits, sans aucun contact physique. Je travaille un peu sur mon ordi à des choses importantes pendant que mon ami dort comme un bébé. Dès son réveil nous décidons de prendre une douche et d'aller consommer une boisson gazeuse à base d'alcool et de houblon, dans le lobby de l'hotel sur d'énormes canapés qui m'ont fait un effet boeuf (qui sera le thème de la soirée) lors de mon arrivée.

Je suis saoul en une minute et dix-sept secondes, montre en main. Gabs y voit un lien direct avec le sport de la journée, le peu de sommeil et l'absence de nourriture dans notre organisme. Je trouve qu'il va vite en besogne mais accepte néanmoins son incitation subtile à partir en quête d'un haut lieu de la gastronomie locale où nous restaurer. Deux anglais (qui sont apparemment une population bien représentée dans le coin) nous indiquent une adresse good for steak. Exactement en accord avec les signaux envoyés par mon estomac. L'endroit est cosy malgré une serveuse qui est plus proche d'une porte de prison qu'une employée de restaurant. Gabs et moi commandons la même chose. Un verre de rouge. Une salade de boeuf thaï à la coriandre entrée et un filet de boeuf au poivre en plat. Ils n'avaient pas de sorbet au boeuf ces cons. Pas de dessert du coup. Le repas est un festin délicieux qui ravit nos papilles et nourrit nos organes en manque de forces mais la digestion aussi vite entamée nous frappe d'un violent coup de barre.

Cela ne nous empêche pas de tenter de partir à la rencontre de la nuit andorrane. Le premier bar propose un groupe de rock qui fait des reprises de Kings of Leon à un volume sonore qui, non content d'empêcher toute communication, détériore les tympans. Bref, nous filons à l'autre bar, nommé Aspen.
"Aspen arrivé qu'on a envie d'en partir" s'écrie Gabs lorsqu'il découvre avec stupeur qu'un concours de l'anglais le plus moche est organisé dans ce bar par une blonde à tête de musaraigne. Nous faisons un billard en disposant les boules de manière alétoire car c'est plus drôle. Gabs met assez vite la noire dans le trou. Un ange passe. Il propose d'aller dans un endroit plus calme où on peut s'assoir confortablement et boire une tisane avec un actifed nuit.
Nous arrivons donc rapidement dans le lobby de l'hotel où Gabs reprend avec euphorie les titres d'Elton John joués au piano. Le sommeil me gagne et je file vite au lit.

Le lendemain, un petit déjeuner fantastique nous est proposé, comprenant des oeufs de la charcuterie ibérique ou encore du pamplemousse frais. Un régal. Le ciel est d'un bleu profond et le soleil brille de mille feux. Une journée de rêve nous attend. La nuit a été bénéfique et je sens que mon corps a envie de m'obéir complètement.

C'est parti. Nous prenons le télésiège, apprenons qu'on peut chasser le chamois en Andorre en automne, que Ricardo Bofill est un super architecte et descendons comme des marioles des pistes noires comme l'ébène. Gabs me propose une course.
Je lui demande s'il veut que je mette des raquettes à la place du snow pour qu'il ait une chance de gagner. Il décline ma proposition généreuse.
"-Tu vois ce petit enfant en chasse neige qui a l'air de passer un bon moment sur cette piste noire ?
-Oui, oui.
-Quand il aura atteint le canon à neige, ça sera le top départ."

J'en profite pour prendre deux cafés en bas de la piste et pisser un coup le temps qu'il arrive. La journée est à l'image de cette descente. Rapide. Ephémère. Je ne la vois pas passer, les descentes s'enchaînent plus vite que l'éclair et nous nous surprenons de l'agilité et de la facilité avec lesquelles nous glissons dans la neige immaculée de chèvre. Sur chaque télésiège nous chantons de bon coeur le nom de différents dictateurs sympathiques, sur l'air du dernier single de Chairlift.

Nous regardons ma montre (Gabs a douze couches de gants et ne peux donc pas regarder la sienne). Il est déjà l'heure de se rapprocher de notre secteur. Pas le temps de comprendre ce qu'il se passe, nous sommes déjà dans la voiture. Une larme coule sur le visage de mon copilote. La rêve prend fin. Je le rassure. Ce ne sera pas le dernier. Nous reviendrons. La montagne est à nous. Le monde est mondial.
Gabs se calme et me murmure

"A Tampa le dernier moment pour me faire rêver de nouveau".

vendredi 4 mars 2011

Sortez couverts mais rentrée littéraire


Quatre ans après la parution de son précédent roman, Je te retrouverai, les éditions du Seuil nous offrent, en même temps que tous les éditeurs qui sont apparemment incapables de répartir les sorties sur l’année - appelez ça la rentrée littéraire - le dernier opus du très talentueux John Irving.

Je ne taris pas d’éloges à propos du bonhomme. En effet, je suis un grand grand fan des romans de l’américain même si je n’aime pas tout, mais je crois qu’il ne serait pas plus mal de refaire un petit topo sur l’auteur.

John Irving est un homme charmant, né en 1942 (d’ailleurs c’était son son anniversaire mercredi et j’ai complètement oublié d’envoyer un SMS..) dans le New-Hampshire, en Nouvelle-Angleterre, région chère à son coeur, dans laquelle se déroule une bonne partie de ses oeuvres. Je passe un peu sur sa période primaire où il jouait aux billes (bah forcément, il n’y avait pas de Pogs..) mais John devient un champion de lutte au lycée et c’est un des thèmes récurrent dans sa bibliographie. Il passe par l’atelier d’écriture de l’Iowa où il est en particulier coaché par Kurt Vonnegut, auteur comme tout le monde le sait de grands livres que je n’ai pas lus. Bon, jusque là je ne connaissais pas du tout cet atelier, apparemment très réputé aux States, mais il se trouve que le détail à de l’importance si vous lisez la suite de cet article. Bref, Johnny sort son premier roman Liberté pour les ours à l’age de 25 ans. Il s’agit de deux l’histoire deglinguée de deux jeunes déjantés qui font le tour des zoos de la vieille Europe et décident de libérer les ours comme le titre l’indique.

D’un point de vue perso, je n’ai pas aimé ce roman là ; je le trouve difficile à lire tant les dialogues partent dans tous les sens et finalement pas très passionnant. En revanche, le roman qui a vraiment lancé Irving dans le cercle des auteurs de best sellers (et non pas des poètes disparus), Le Monde selon Garp, est une véritable merveille et on voit tous les mécanismes et thèmes d’Irving se mettre en place : émancipation des femmes (Garp est mis au monde et élevé par son infirmière de mère qui seule se débrouille pour tomber enceinte et devient la "première" grande féministe), la Nouvelle-Angleterre des années 60, Vienne, les ours, le rapport père-fils et les craintes liées à la paternité et surtout la concupiscence, thème majeur de ce roman passionnant et très dense.

Depuis, plusieurs très grands livres ont suivis dont, pour citer mes préférés, L’Hotel New Hampshire, Une Veuve de papier ou Je Te Retrouverai. C’est donc avec grande impatience que j’attendais Dernière nuit à Twisted River dont la sortie aux Etats-Unis date de Novembre 2009. Parlons-en, donc.

Il est souvent reproché à Irving de doubler le nombre de pages de ses histoires et de perdre le lecteur en digressions diverses. S’il est en effet toujours un peu difficile de rentrer dans ses romans (les chapitres font au minimum quarante pages et le premier est toujours un peu rébarbatif) je trouve qu’en général le passage pénible est de courte durée et qu’une fois à l’intérieur, il devient impossible impossible d’en ressortir. Cependant, cette fois-ci, je dois reconnaître que je me suis demandé, lors de la lecture des cent premières pages si je ne tenais pas un exemplaire de la collection Que Sais-je ? sur l’Histoire et l’Evolution du transport fluvial de bois et des bûcherons qui le découpent. Certes il s’agit là du contexte dans lequel on veut nous faire rencontrer les personnages et une description précise de ce contexte aide à la compréhension de ces personnages. Mais quand même. On a tendance à lutter contre le sommeil. Et c’est dommage, car comme d’habitude les personnages sont incroyables, fouillés et extrêmement attachants.

Il y a Dominic le cuistot, qui boite et qui élève seul son fils de douze ans après que sa femme (une tendre cousine) se soit noyée dans la rivière. Il couche avec Jane, la grosse indienne que Dany, le jeune fils en question, confond accidentellement avec un ours. Il y a Ketchum, le bûcheron bourru qui semble lié par on ne sait quel accord tacite à Dominic et qui veille sur eux. Il y a Tombe du ciel, jeune parachutiste nudiste et féministe esquintée par la vie. Et tant d’autres personnages d’une force incroyable que l’on va rencontrer au cours de ce roman, dense, qui nous raconte la vie de ce père de son fils et du fils du fils.

Le livre ravira les inconditionnels de John Irving, car en plus d’aborder les thèmes chers à l’auteur et déjà mentionnés plus haut (paternité, tout ça...) il fait le lien entre des choses vécues par Irving et par Danny (qui devient écrivain dans le livre). Ainsi Danny participe à l’Atelier d’écriture de l’Iowa et est guidé par Kurt Vonnegut. Il écrit un roman sur l’avortement suite à une expérience dans une clinique à la frontière avec le Maine (ce qui n’est pas sans rappeler un autre roman d’Irving, L’Oeuvre de Dieu ; la part du Diable). Tous ces détails donnent une grande cohésien à ce roman là mais aussi à l’Oeuvre d’Irving en général.

Finalement, une fois qu’on a enfilé sa chemise à carreaux et qu’on a passé le début difficile du roman, on reste sous le charme - et le joug ! - de cette nouvelle histoire toujours pleine de mélancolie, de vie ratée et qui nous rappelle, comme le dit si bien Dominic, que l’on vit tous dans un monde d’accidents.

mercredi 12 janvier 2011

Zone d'Ecoute Prioritaire #1


En avant première mondiale, je vous propose de découvrir le premier bulletin de la toute nouvele chronique que j'écris pour l'excellent site DEAD ROOSTER.

Les acronymes c’est cool et ça permet de faire genre on est hyper occupé et hyper tendance. Souvenez vous, lorsque vous avez téléphoné à votre ami Jean-Louis, enseignant :

  • "Salut Jean-Louis, ça roule ?
  • Ah salut mec, ouais ça va mais depuis que je suis TZR dans la région PACA j’arrête pas ! D’ailleurs je dois te laisser, on se rappelle ASAP !"

Bref, vous aurez compris, les acronymes sont hype. Du coup, en cherchant un nom pour ma nouvelle, et toute première, chronique, dont l’objet est la présentation de groupes franco-francophones, j’ai trouvé cette petite référence à l’éducation en milieu défavorisé plutôt chouette. Certains vont penser que je sous-entends que vos oreilles ont besoin d’aide particulière. Ce n’est pas tout à fait faux.

Pour ce premier billet, je vais vous parler des EPs de deux formations françaises que j’affectionne particulièrement.

Les propriétaires d’iPhone l’auront peut-être constaté, mais lorsque vous écrivez un Short Message System (ou SMS pour utiliser encore un acronyme !), le logiciel d’écriture intuitive remplace automatiquement LA (respectivement MA) par LE (respectivement ME). Sachez que je n’écris pas cette article avec un logiciel de la pomme et que donc, et malheureusement, LA FIANCEE n’est pas la mienne mais une jeune et charmante chanteuse qui nous livre une musique folk intime et légère portée par une voix claire et douce.

Depuis à peu près un an, Claire de son prénom, nous propose à cadence régulière des florilèges de chansons d’une grande qualité, dont certaines composées par le génialissime Florent Marchet. L’opus qui nous intéresse ici, troisième d’une série de quatre et nommé simplement Trois, rassemble une sélection irréprochable de reprises interprétées avec brio. On s’émerveillera sur la version cabaret du Bien Avant de Benjamin Biolay, on remuera du popotin sur le titre oublié Tout ce qui nous sépare de Jil Caplan mais on aura commencé à vibrer dès l’Ouverture d’Etienne Daho. Le mélomane averti aura donc constaté la présence des fins fleurons de la pop, courant musical que La fiancée semble bien avoir épousé.

La deuxième galette que je voulais vous présenter ici n’est pas celle dite des rois mais plutôt d’un quintette français, recruté sur Myspace et qui porte curieusement le nom d’une station thermale allemande. J’ai nommé Baden-Baden. Si le titre Anyone affole un peu la blogosphère depuis quelques temps et a valu à la formation parisienne quelques bons papiers de ci de là, je n’ai pour ma part découvert le groupe que très récemment, en achetant comme tout le monde l’EP à la fnac. Pour rester dans un registre francophone, car c’est un peu le but de la chronique, je n’hésiterais pas à dire qu’on se retrouve à la croisée de groupes comme Montgomery, Malajube ou encore Girls in Hawaii. Nous sommes en présence de six chansons qui alternent entre l’anglais et la langue de Molière. Les morceaux du début de l’opus sont de véritables bijoux de finesse (Anyone, 78) et il est carrément jubilatoire de passer du sourire des premières notes de Ukulélé de TV aux riffs de guitare puissants de la fin du morceau. Les paroles de l’excellent Alice risquent de vous trotter dans la tête un certain temps. Un bon bain de pop, en somme.

Les microbes ne me font rien

Chers amis et Gabs bonsoir.

Nous sommes en 2011. Bon ça, a priori vous le savez: votre crise de foie liée aux excès des fêtes s'est transformée en une sympathique gastro, ce qui vous a permis, entre autres, d'occuper le temps aux toilettes à éplucher les différents cadeaux de Noel (qui pour la plupart, resteront stockés dans cette même pièce) - comme ce magnifique ouvrage sur les 1001 façons de construire une niche de chien en osier ou encore ce poster avec un camion - voire un car - et une tête de loup à l'oeil brillant.

Une nouvelle année commence de manière générale, et très globalement, par le mois de Janvier. Ce mois est plutôt cool. Déjà parce qu'il contient le jour le plus important de l'année, mon anniversaire, dont la célébration reste une ode à la charcuterie (en particulier au Serrano de Bergeras - brevet de blague en cours de dépôt) mais aussi car je n'ai pas grand chose d'autre à faire qu'aller au ski ou faire des jeux.

Les mauvaises langues que vous êtes vont faire semblant de s'indigner quant à cette déclaration qu'ils jugeront provocatrice mais c'est la vérité. J'ai été débordé et vous, lecteurs assidus de ce blog, vous en êtes rendus compte puisque vous m'avez réclamé à corps et à cris de nouvelles publications. Alors accrochez-vous parce que ça décoiffe.

Dans la voiture qui me ramène du ski,nous écoutons une compilation de type musical sur laquelle un morceau capte mon attention. Et alors à ce moment là du récit, votre esprit est inondé de questionnements "Quoi il était au ski ? et avec qui ? et c'est quoi ce morceau génial qu'il va encore nous faire découvrir et pour lequel nous lui serons encore plus redevable d'exister ? etc..."

Commençons donc par le commencement.

Comme je vous le signalais plus haut, je n'ai pas grand chose à faire. Il fait froid. Il fait moche (enfin pas à Bordeaux, car il il y fait toujours beau). J'ai envie de changer d'air. Du coup, je me dis qu'un peu de glisse sur un revêtement blanc, humide, souple et pas trop dur serait tout indiquée. Et je ne parle pas du pénis de Gabs. Je parle de ski, bien entendu. Et justement, vendredi 7 Janvier, 14h38, coup de fil.

"OOuuuUUiiII EEuuUUhh c'est GAaaBbs je suis dans mon car là, je transporte des petits enfants aveugles à une expo de peinture, c'était pour te dire que je travaille pas lundi"

Marcello : "Ah bin attends, je le note dans mon carnet qui recense tous tes faits et gestes depuis Avril 1998"

Gabs : "Pauvre type! c'était pour te dire que je serai libre pour que tu illumines une de mes journées"

Marcello : "Tu travailles aussi dimanche ou bien t'en branles pas une deux jours consécutifs ?"

Gabs : "Non non, j'ai deux jours à ton entière disposition"

Marcello (choqué par si peu d'activité professionnelle) : "Et si on allait au ski du coup ?"

Gabs : "Ah super, j'adore le givre"

Etant spécialiste de l'évènementiel, je m'occupe de l'organisation du séjour. En moins de deux, hôtel réservé dans la charmante bourgade de Cauterets. Ah, Cauterets, ses pistes de ski, son casino, ses thermes... Au moyen de mon véhicule personnel, nous nous rendons, avec l'ami susnommé dans la station de ski susnommée en empruntant la nouvelle autoroute de la vieille Pau en 2h50 montre en main et chibre à l'air.
Nous sommes donc en mesure de pratiquer qui du ski, qui du snowboard pour les plus virils d'entre nous. Après que Gabs ait loué son matériel pour enfants chez Bernard Sports Tifs (articles de sport et haute coiffure pour hommes, femmes et enfants), nous rejoignons le domaine (moyennement) skiable du cirque du Lys où nous sommes carrément sous le blizzard. On y voit rien. On se croirait à Abidjan (à ce propos petite blague d'actualité : Qu'est ce qui pourra arrêter Laurent Gbagbo ? Un Iceberg bien entendu!).
Cela ne nous empêche pas de remonter la piste et de la descendre en 10 minutes alors que les télésièges si lents qu'on dirait qu'ils reculent mettent 15 minutes juste pour remonter.
Au terme d'une journée fort épuisante, nous nous détendons en slip de bain aux thermes (vous remarquerez comme ce bulletin est bien écrit). Une bière dans une chouette brasserie et Gabs s'endort à son heure habituelle (20h52). Je ne tarde pas à l'imiter après avoir lu deux chapitres de mon livre actuel (Les anonymes de RJ Ellory auteur du très bon Seul le silence dont j'ai déjà parlé ici). Nous nous réveillons le lendemain autour de 7h46. J'ai une haleine de chacal (j'ai oublié ma brosse à dents et Gabs refuse de me prêter la sienne - qu'il croupisse en enfer!).
Après un petit déjeuner frugal, et en ayant éviter de croiser le proprio de l'hôtel qui a tendance à vous tenir la jambe pendant dix mille ans pour vous parler des photos de son fils qui est un pro du ski et surtout pour vous dire que si vous passez sur un caillou après votre planche c'est une étagère, rien d'autre, nous reprenons la télécabine pour nous rendre en haut de la montagne. Il fait un temps magnifique et c'est un pur bonheur.
La visibilité me laisse le plaisir de voir enfin Gabs skier, ce qui est un spectable en soi. Jean-Marie Bigard à côté, c'est de la pisse. La journée est donc une fois de plus intense. Gabs a le plan avec la serveuse de la cafet', Jeanine, jeune blonde décolorée de 58 ans. A partir du moment où nous ne sentons plus aucun de nos membres, nous décidons d'arrêter et de descendre de la montagne (pas à cheval). Il est 16h34. Le temps de se changer, de régler les formalités de départ (la caution de Gabs pour avoir montré sa bite), nous sommes dans la voiture à 17h30 et nous prenons l'itinéraire qui mène à Bordeaux car c'est plus pratique que celui qui mène à Toulouse si on veut rentrer chez nous.

Et donc, sur ce trajet du retour, perdu dans mes REMIniscences de ce week end qui s'achève (on dirait une chanson de Roch Voisine, dédiée à Rémi), je suis sorti de mes pensées par un morceau que je trouve super.

"Putain c'est quoi ce morceau Gabs c'est hyper bien ?!"

Gabs (l'air réprobateur) : "je vois que tu n'es pas très attentif aux samplers du magazine Magic, il s'agit de Baden Baden"

Marcello : "le groupe ou la station thermale ?"

Gabs : "pauvre type! le groupe"

J'avais déjà lu ce nom un paquet de fois dans les magazines spécialisés des spécialistes du genre mais n'avais jamais pris le temps d'écouter la formation française. Du coup hier, Mardi, lendemain du retour du ski, je file à la fédération nationale d'achat des cadres (fnac pour les intimes) et bim j'achète une galette des rois. Mais non voyons, la galette des rois je l'achète à la boulangerie ! Et par galette, j'entends briochée, il m'est inutile de le préciser, un peu comme pour le beurre qui est toujours salé vu que je ne vois pas l'intérêt du beurre doux.
Bref, à la fnac j'achète l'EP de Baden Baden, qui se nomme 78 et dont je vous recommande à tous l'écoute et dont la chronique détaillée fera l'objet d'un post un peu plus tard.

Je vous laisse, le film va commencer.

dimanche 25 juillet 2010

Au bonheur de l'urgence, ton guide.

Je suis au Cap-Ferret. Chez moi. Il est quasiment une heure du matin et le bruit des touches du clavier de mon ordinateur portable sont les seuls sons qui parviennent à mon oreille. Enfin, je devrais dire mes oreilles vu qu'il m'en reste encore deux. Malgré ces claquements rapides et assez violents que font mes deux index sur ces petits pavés de plastique noirs, quelques notes assez fines, provenant d'une douce mélodie charment ma deuxième oreille. Il s'agit de Noah and the whale, groupe anglo-saxon qui depuis quelques jours tourne en boucle sur ma platine (je vous ai déjà parlé de ma platine ?). Très précisément depuis que j'ai vu la formation susnommée au Latitude festival, en plein coeur de l'Angleterre et je pense qu'il est grand temps de revenir sur ce feuilleton haletant qui a occupé mes quelques (et trop rares) jours de vacances du mois de juillet.

Vous connaissez sûrement les différents protagonistes de cette histoire, mais permettez moi de réintroduire Charlotte A., 29 ans, sale caractère et souhaitant arriver à pisser debout, David Z., 28 ans, à qui il ne faut surtout rien confier et bien sûr Fred n°1 (28 ans) et Marcello Proust (âge inconnu), toujours là pour sauver les meubles.

Juin 2010.

Marcello "Hé les gars ça vous dirait de se refaire un truc tous ensemble là cet été, je sais pas moi un festival ou le tour du monde en hélicoptère ou je sais pas le concert de Dick Rivers à Maubeuge ?!"

David et Fred "Ah ouais, ya quoi comme festivals de coolos ?"

Marcello "bah chais pas, on a qu'à mater ça sur internet"

David et Fred "alors ya un truc en Suède, un truc en Allemagne et le Latitude festival en Angleterre"

Tous "putain ouais le la Latitude c'est génial la progra puis un festoche en Angleterre ça le fait, banco !!"

Tous "et bordel de m***** c'est complet les cocos ça pue du postérieur de derrière! ya des billets mais à un million de livres ! ils se font pas chier les mecs quand mecs . Bon, on passe au plan B".

Marcello " c'est quoi vos dates de dispo ?"

Charlotte "voyez ça avec David, je délègue"

Fred " moi à partir du 13 Juillet c'est bon"

David " alors moi je peux entre le 3 juillet à 12h et le 4 à 8h ou bien entre la pleine lune et le solstice ou sinon sûrement autour de mi-juillet"

Fin Juin 2010.

Marcello "bon, le plan en Suède ça coute un million d'euros, en Allemagne c'est bourré de nazis, et si on faisait quand même le Latitude là, on y va tous en caisse ça limite les frais, tant pis si on paie le pass chéros..."

Fred "moi je suis d'accord"

Marcello et Fred "David ?"

Début Juillet 2010.

Marcello et Fred " David ?"

Marcello "bon le festoche c'est entre le 16 et 18 juillet, sans foutre la pression faudrait pas méga traîner là"

Fred "bin oui je suis d'accord mais les deux boulets là ils donnent aucune nouvelle. Moi je suis d'accord pour partir du 13 au 22 et puis en plus du festoche se balader en Angleterre"

David " Ah salut les gars, alors on fait quoi ? la Suède ?"

Marcello et Fred "boulet!"

David " Alors nous à cause du chaton, de la maison, des mouches, de la réforme des retraites et de la burka, on peut partir que maximum 5 jours"

Marcello " ah bin super, bon esprit ! on a qu'à y aller en avion du coup! bon on se capte lundi et on achète tout ça ensemble"

Lundi 5 Juillet.

Marcello "Bip"

Fred "Bip"

David "Bip"

Marcello "Bon David, c'est toi qui achète les 4 billets de festival, c'est plus simple si ya un seul colis. Par contre c'est mille livres"

David "ok, ok... je fais livrer où ? normalement c'est UPS et ça livre sous 48 heures"

Marcello "bah fais livrer au bureau de mon père, ya toujours quelqu'un et puis on est sûr de le récupérer"

David " ouais non je préfère le faire livrer à Carcassonne, vu qu'on y sera pas et que les livreurs trouvent l'adresse une fois sur mille, c'est plus sûr"

Marcello "Ah ouais, super idée.. Bon passons aux billets d'avion maintenant. je suis connecté sur British Airways et Easy Jet là, bon c'est clairement le low cost le moins chez même si je déteste. ça vous va les zigotos ?"

David "bin nous on part de Carcassonne et on peut se retrouver là bas"

Fred "bon j'ai un tarif à 107 € là, ça me parait bien, ça me va"

Marcello "ok c'est bon alors pour les résas".

Jeudi 8 Juillet. Burger Party.

Marcello et Fred " alors les gars c'est bon vous avez les places ?"

David et Charlotte "non, toujours rien mais ça devrait arriver demain"

Marcello et Fred "mais vous y serez demain à Carca ?"

David et Charlotte "ah merde, non..."

Lundi 12 Juillet. J-1

Marcello "Allo David, ouais, c'est bon là pour les places ?"

David "putain non toujours rien"

Marcello " c'est une blague ou quoi ? putain appelle UPS !!!"

David "Bon alors j'ai eu UPS, ils ont pas trouvé la maison, les places sont reparties à Montpellier"

Marcello "et ils te les amènent en urgence là j'espère !!!!!"

David "ah non, soit je vais les chercher demain matin soit ils essaient de me les amener"

Marcello "David, tu sais que demain on part à midi"

David "ouais ouais je sais"

Mardi 13 Juillet. jour du départ. 2h avant le vol.

Marcello "bon mon sac est pret, je vais appeler David, j'espère que c'est bon là pour les billets"

Fred "ouais appelle le et au fait tu me diras combien je te dois"

Marcello "combien tu me dois, comment ça ?"

Fred "bin pour mon billet d'avion"

Marcello "comment ça ton billet d'avion ?"

Fred "bin celui d'aujourd'hui là, pour Londres"

Marcello "t'es en train de me dire que t'as pas de billet pour le vol de dans deux heures qu'on doit prendre ensemble pour aller passer les vacances ensemble ?"

Fred "non ! je pensais que tu me l'avais pris, putain allons vite sur internet"

Marcello "ouf! il en reste par contre bon, hein ils sont pas gratos..."

H-1

Marcello et Fred " Allo David, dis moi que vous avez les billets"

David "non je te le dis pas en revanche on est en route pour l'aeroport"

Marcello et Fred "bon. super. organisation du tonnerre. on se retrouve à Londres."

Mardi 13 Juillet. Entre Londres Stansted airport et Maidenhead.

Marcello "bon vous avez bien conscience qu'il est 19h et qu'on a aucune nouvelle des billets là. David, on peut appeler UPS ?"

David "bon déjà j'ai besoin d'une connexion internet pour retrouver la référence"

Marcello "tu l'as pas notée ??????????????????"

David "si, sur internet."

Marcello "..."

30 minutes plus tard.

Marcello "bon, les places devraient être à Maidenhead chez Tobias au plus tard vendredi matin 9h"

Fred "c'est le jour de début du festival"

Marcello " ouais je sais mais bon, on a pas vraiment le choix"

Mercredi 14 Juillet.

David "tiens, j'ai un mail du site de vente des places, ils disent que ya un problème et qu'il faut les contacter"

Marcello "ah bon, merde, moi qui croyait que tout allait bien et qu'on avait les places! ...."

Jeudi 15 Juillet.

David " j'ai un nouveau mail. il faut contacter UPS au plus vite, les places sont perdues"

Vendredi 16 Juillet. 9h30.

Toujours rien.

David "ah ils me disent que les places vont etre livrées aujourd'hui à Carcassonne. Moi je dis on peut tenter de rentrer sans billets."

10h45. Ding Dong. UPS "please sign here"

....


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samedi 3 juillet 2010

Les brochettes, ça fait un peu été

Et l'été c'est un peu le milieu de l'année. Du coup, quand on mange des brochettes, qu'on boit du rosé et, apparemment, quand on mange de la confiture de reines claudes, c'est qu'on arrive en juillet, qu'il fait huit mille degrés, que le ventilateur tourne en permanence et que je passe plus de temps à me rafraîchir dans la piscine qu'autre chose. Water glande que ça s'appelle.

Mais c'est aussi le moment, où sans faire un bilan définitif car Dieu sait que la rentrée et l'automne sont riches en découvertes et sorties, de faire un petit retour sur les disques du semestre de printemps comme on l'appelle à la fac. C'est quand même bizarre de dire semestre, ça dure 12 semaines, exams compris mais bon, ça serait que moi l'année s'appelerait vacances.

Bref, de manière assez brutale et sans explication, je balance mes dix albums préférés actuels de 2010 et pis ça s'ra tout. Gavé péremptoire. C'est pas faux et c'est brochette que je comprends pas.

1/ The Tallest Man on Earth - The Wild Hunt
2/ The Go Find - Everybody knows it's gonna happen
3/ She & Him - Volume 2
4/ Seabear - We built a fire
5/ Broken Bells - Broken bells
6/ Allo Darlin' - Allo Darlin'
7/ Lilly Wood & the Prick - Invicible Friend
8/ The National - High Violet
9/ Angus & Julia Stone - Down the way
10/ Avi Buffalo - Avi Buffalo


Je me dis aussi que je peux faire pareil avec les films, même si je suis pas allé au ciné depuis quelques semaines, faut dire aussi que c'est un peu la période de jachère cinématographique là!!

1/ Soul Kitchen
2/ The Ghost Writer
3/ Bliss
4/ L'arnacoeur
5/ I love you Philip Morris
6/ In the air
7/ Shutter Island
8/ Kick Ass
9/ Une éducation
10/ Fantastic Mr. Fox

à suivre donc en voyant qui sera détrôné ou qui remontera éventuellement dans le classement après un peu de recul....




lundi 28 juin 2010

Bienvenue au blog

Suite à vos nombreux messages me réclamant, avec plus ou moins de gentillesse (et certain me proposant même des échanges de type coïtal), je me sens obligé de reprendre la rédaction d'articles qui paraissent aux yeux de certains nécessaire à une avancée tant sociale que culturelle.
Et surtout la réponse à la question, qu'ai-je bien pu faire ces dernières semaines ?

Que la chose soit dite, on peut d'ores et déjà éliminer l'hypothèse suivant laquelle je suis parti en Afrique du Sud supporter l'Equipe de France : il était clair que partir en sachant que j'allais rester 5 jours ne m'enchantait guère. Certains savent que j'ai fait un petit passage éclair en Espagne, où la photo ci-dessous témoigne de ma participation assidue et intéressée à la fameuse conférence Functional Analysis in Valencia (FAV2010 pour les intimes).


En fait si, parlons-en un peu de Valence, car le temps mis à ma disposition dans cette jolie région d'Espagne du Sud-Est m'a permis de lire sur la plage un livre que j'avais acheté quelques mois plus tôt, lors d'une rencontre chez Mollat avec l'auteur, qui bien que très intéressante fut abrégée par la nécessité d'acheter une pizza pour l'enlgoutir en moins de temps qu'il ne faut pour se rendre compte que les maths, c'est pour les cons.
Ce roman c'est Bienvenue au club, par Johnathan Coe et c'est le premier volet d'un diptyque (et hop, un nouveau mot ajouté à votre vocabulaire, gavé de points pour vos soirées scrabble) qui raconte l'histoire d'un groupe de jeune gens dans le Birmingham des années 70, avant l'arrivée de Maggie Thatcher et l'excellente chanson de Renaud et ensuite (dans le second volet - Le cercle fermé) dans l'Angleterre de Tony Blair et des années 2000 quand tous les personnages auxquels on s'est très vite attaché sont devenus ce qu'ils sont devenus, en accord ou non avec leur idéaux de jeunesse. Si le premier volet est porté par l'humour et l'ambiance des années lycées, où l'auteur a réussi à se délester des clichés du genre, la suite est nettement plus dramatique et donne une impression de mélancolie jusqu'aux toutes dernières lignes qui ne peuvent que rester pendant longtemps dans l'esprit du lecteur tant cette fable, que dis-je cette fresque est réussie.
L'anglophile avisé pourra, lors de la lecture de cette oeuvre incroyable, mettre en fond sonore l'album de Pulp His'n'hers, parfaitement adapté à l'ambiance du récit.
On peut continuer à parler lecture mais avec cette fois une déception; le dernier bouquin de Michael Connely, l'épouvantable euh pardon, l'Epouvantail.
L'écriture, extrêmement fluide permet une lecture en seulement quelques heures. La présence d'anciens personnages récurrents de l'auteur, la belle Rachel Walling (à qui je ne peux m'empêcher d'associer le visage d'Halle Berry) et de Jack McEvoy (bin ouais, vu que c'est censé être une sorte de suite du Poète, LE tube de Connelly) mettent tout de suite à l'aise les fans de l'auteur. Et ça marche pas mal. L'histoire déroule toute seule, on se laisse porter puis quand même on se dit que c'est facile, que c'est carrément cousu de fils blancs, que même on est pris pour des cons, que Connelly a du écrire ça aux chiottes et l'envoyer à son éditeur avec son iPhone tant c'est bâclé et vide. On est loin des premières intrigues ou même d'un récent Lumière morte qui nous surprenait à chaque chapitre. C'est plat et insipide.
En gros, vous pouvez me dire merci. Car bon, il est de bon ton de faire la liste des polars de l'été, à lire sur la plage pendant les vacances. Mais aucun des magazines ne propose, la liste des livres à pas acheter. En fait il suffit de prendre la liste des 25 bouquins les plus vendus : Connelly, Pancol, Musso & Levy. Sauf si bien sûr vous déménagez et que vous avez besoin de quelque chose pour caler un meuble ou protéger des assiettes....